Les Runes




Ce qu'il faut savoir sur les runes


Les Runes sont sacrées et secrètes (le nom Rune veut dire Secret). Il ne convient pas de livrer leurs secrets à n'importe qui. Il convient que la personne désirant connaitre les runes connaisse également les traditions nordico-européennes ésotériques, mythologiques et religieuses.Les runes ne peuvent être correctement comprises ou interprétées , si elles ne sont pas intégrées dans la structure de la mythologie nordique dont elles constituent une partie . Vous devrez donc suivre la voie du Nord pour réellement pouvoir faire des runes vos compagnes et pouvoir travailler avec elles correctement.
Si vous ne vous impliquez guère, elle ne vous révéleront rien, si ce n'est ce que vous souhaitez entendre jusqu'au moment ou la réponse sera : " va te faire voir". Pardonnez moi cette expression, , mais la voie de Nord ne tolère ni la paresse ,ni la couardise, ni le mensonge. Elle réclame honnêteté ,courage et endurance.
Je vous conseille donc de vous instruire dans cette voie parallèlement à votre étude des runes. L'une comme l'autre vous prendra des années mais cela en vaut la peine .
Je vous conseille vivement de vous procurer rapidement le livre L'Edda: Récits de mythologie nordique de Snorri Sturluson et François-Xavier Dillmann
Je vais vous donner les bases de l 'initiation runique, à vous de travailler , de chercher, d'apprendre. de faire vous même vos expériences, le chercheur sur la voie du Nord est solitaire .
Odin trouva les runes ...


"Dieu de la guerre, Odin reste aussi - et surtout - un dieu de la magie.


Il va inventer l'écriture, imaginant les caractères sacrés qui permettent de fixer la pensée, de la réaliser, de la transmettre.


Mais tous ne doivent pas comprendre les signes inventés par le dieu borgne et que ses fidèles vont graver, en traits anguleux, sur l'os, la pierre ou le bois. Aussi ces lettres portent-elles le nom de « rune », c'est-à-dire de Secret.


L'écriture doit rester mystère. Les étrangers, les infidèles et les impies n'ont pas le droit de connaître le message du dieu aux corbeaux. Ils ignorent au prix de quelle souffrance le père de dieux a créé ces caractères, qui vont désormais permettre aux croyants de se reconnaître et de s'accorder.


Pour inventer les runes, Odin a résolu de se sacrifier. Il s'est suspendu dans l'arbre sacré, l'if Yggdrasil, dont les racines plongent dans les trois mondes de Niflheim, de Jotunheim et de Asaheim.


L'arbre se dresse sur un rocher, exposé à tous les vents. Et sur l'arbre, comme crucifié – non pas pour le salut de tous les hommes, mais pour la garde de ses seuls fidèles – souffre le dieu Odin. Il s'est percé le flanc de sa propre lance. S'offrant en sacrifice au Père-de-Tout.


Je me suis offert à Odin,


Moi-même à moi-même.


Il n'y pas d'autre dieu que lui, pour recevoir et comprendre ce sacrifice. Et de même chaque homme n'a, pour le connaître et le justifier, par d'autre homme que lui-même. Le dieu est seul comme l'homme est seul. Mais sa grandeur vient de sa solitude. Que serait le sacrifice s'il était offert à un autre dieu ? Que serait la fidélité si elle était donnée à un autre homme ? Chacun ne doit répondre que devant lui-même.


Et le coup de lance d'Odin est d'autant plus cruel et plus juste que c'est à Odin qu'il est offert.


Neuf nuits entières, le dieu borgne, qui a déjà offert un œil à la fontaine de Mimir, va rester suspendu à l'if Yggdrasil. Neuf nuits de tourment. Car rien n'est donné sans la sueur et sans le sang, sans le courage et sans la fatigue, sans la volonté et sans le mépris. Neuf nuits sur cet arbre solitaire. Neuf nuits, comme il faut neuf mois pour faire un homme.


Odin est seul. Nul ne lui donne un morceau de pain. Nul ne lui apporte une corne à boire. La faim et la soif le torturent. Et sa blessure lui ronge le flanc, comme un animal sauvage dévorant sa chair avec ses crocs. Mais il veut dépasser cette douleur. De toute sa force, il s'applique à créer les runes. Il les découvre et il les retient dans une indicible souffrance.


Dans les hautes branches de l'if Yggdrasil, le vent souffle en tempête et les racines gémissent sous la morsure des serpents. Odin, pendu sur le tronc qu'il a teint de son sang, tremble du tremblement même de l'arbre sacré. Ses corbeaux, Hugin et Munin croassent au-dessus de sa tête et ses loups, Freki et Geri hurlent à ses pieds. Toute la nature gronde dans le grand bruissement des feuilles et l'immense gémissement du vent. Le monde entier souffre avec le dieu blessé. L'énigme s'affirme douleur. Le mystère s'exalte dans le tragique. Au bout de neuf nuits, les ténèbres vont-elles se dissiper ? Tout l'esprit d'Odin se concentre sur les runes. De leur secret jaillira la lumière. »


Tiré du livre « Légendes de la Mythologie Nordique » de Jean Mabire (éditions l'ancre de marine)


Le Futhark


Les experts ont longuement débattu sur l’origine de l’écriture runique, et de nombreuses incertitudes subsistent encore aujourd’hui. L’opinion consensuelle est qu’elle provient des alphabets nord-italiques.


Sous la forme la plus ancienne que nous leur connaissons (ancien futhark à 24 signes), Les runes apparurent au début du IIIe siècle. Elles subsistèrent jusqu’au Moyen Âge — comme en témoignent les marques de construction sur les cathédrales — et elles suscitent aujourd’hui encore l’engouement d’un certain type d’ésotérisme.



Les runes forment tout à la fois une écriture chamanique, religieuse et magique. Une écriture chamanique d’abord, parce que l’accès à sa connaissance ne peut s’acquérir qu’au travers de douloureuses épreuves initiatiques. Le chant V des Dits du Très-Haut développe les souffrances qu’Odin le supplicié endura et aux termes desquelles il découvrit les runes :


Je sais que je pendis
À l’arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Et donné à Ódinn,
Moi-même à moi-même donné,
À cet arbre
Dont nul ne sait
D’où proviennent les racines.
(…)
Je scrutai en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, les ramassai,
De là, retombai.


Les runes remplissaient une fonction religieuse illustrée à plusieurs reprises dans la mythologie nordique. Elles existaient avant le monde, et ne furent que redécouvertes par Odin. Elles furent envoyées à tous les peuples : À la fin des temps, lorsque le monde sera renouvelé, les runes seront retrouvées sur des tablettes d’or et elles marqueront le début d’une nouvelle ère.


Enfin, les Dits de Sigrdrífa illustrent quelques-uns des pouvoirs que les anciens scandinaves attribuaient aux runes :


Il te faut connaître les runes de délivrance
Si tu veux aider femme en travail
Et la délivrer de l’être vivant qu’elle porte ;
Sur les paumes il faut les graver,
Les jointures, serrer,
Et demander l’assistance des Dises.


L’utilisation magique des runes perdura pendant plusieurs siècles, et de nombreux sorts ou formules furent consignés dans des galdrabækur ou « livres de magie ».


Dans les alphabets anciens (grec, hébreu, etc.), les lettres possédaient une valeur numérique en plus de leur valeur phonologique. Dans certains systèmes d’écriture, ces valeurs sont arbitrairement affectées aux signes (ainsi en grec la lettre μ vaut 40, et en latin L vaut 50 ; dans l’alphabet de Wulfila le caractère , dont la forme rappelle celui de la rune Tir, vaut 900), et dans d’autres c’est simplement le rang de la lettre qui indique son nombre (1 pour A, 2 pour B, etc.). Il est alors possible d’adjoindre au sens littéral d’un texte une interprétation numérique. Les hébreux ont poussé cette technique très loin, et les textes bibliques peuvent être interprétés selon trois disciplines « cabalistiques », la temorah (mode de la transposition), la guématrie (analyse des valeurs numériques) et la notarique (symbolisme du nom des lettres).


Les deux cornes de Gallehus, datées du Ve siècle, ont été mises à jour au Danemark lors de fouilles en 1639 et en 1734. La seconde (corne B) porte une inscription runique sur son rebord supérieur. La première (corne A), en revanche, est couverte de figurines ornementales formant une sorte de rébus. Les archéologues ont montré que les deux cornes allaient probablement ensembles, et que les figurines de la première étaient en réalité des runes stylisées.


Dans les deux cas l’ancien futhark à 24 caractères est utilisé. Si nous additionnons les runes de chaque inscription — en prenant pour valeur d’un signe son rang dans l’alphabet — nous obtenons 288 pour la corne A et 408 pour la corne B, soit respectivement 24 × 12 et 24 × 17. Or un carré de côté 12 a pour diagonale, à l’arrondi près, 17. Tout cela ne nous mènerait pas loin si nous ne remarquions pas, sur la corne A, deux personnages tenant un carré… Il y a là un peu plus qu’une simple coïncidence.


Il existe trois principaux styles de Futhark (alphabet runique)




1/ Le Futhark germanique :


Comporte 24 runes réparties en 3 aettirs, c'est-à-dire familles.

2/ Le Futhark Anglo-Saxons :


Celui-ci a reçu, à la fin du huitième siècle et du neuvième siècle, de nouvelles runes. Au lieu de compter 24 runes, on en dénombre 33.

3/ Le Futhark Scandinave :


Aux premiers siècles de leurs utilisations, les Runes étaient au nombre de 24 et identiques à l'ancien Futhark germanique. Au cours du huitième siècle, il y eut une réforme de l'écriture en Scandinavie et le Futhark fut réduit à 16 runes.


Développons brièvement le sens des Runes du Futhark germanique ,le plus répandu car il est aussi l'ancien Futhark Scandinave avec ces 24 runes. Nous reprendrons chaque rune individuellement.


f
Nom germain: Fehu
Nom anglo-saxon: Feoh
Nom vieux norrois: Fe


Le bétail, les biens matériels. La richesse à la fois matérielle et spirituelle, le pouvoir, l'énergie cosmique que l'on recueille, la vache primordiale / puissance créatrice.
u
Nom germain: Uruz
Nom anglo-saxon: Ur
Nom vieux norrois: Ur


L'aurochs, le pouvoir créateur. La force originelle, la puissance originelle et le boeuf primordial, l'énergie fertilisante originelle, la force brute.
x
Nom germain: Thurisaz
Nom anglo-saxon: Thorn
Nom vieux norrois: Thurn


L'épine (défense et attaque), l'ennemi de l'adversité, la défense, le marteau, les forces brutes.
a
Nom germain: Ansuz
Nom anglo-saxon: Os
Nom vieux norrois: Ass


Un dieu, la bouche. La puissance divine créatrice, le dieu Odin, le monde des dieux, le pouvoir de la parole, l'incantation.
r
Nom germain: Radh
Nom anglo-saxon: Raidho
Nom vieux norrois: Reidh


Une chevauchée, un parcours. Le char solaire et celui de Thor, le voyage.
c
Nom germain: Kenaz
Nom anglo-saxon: Ken
Nom vieux norrois: Kaun


Torche. Le feu maîtrisé, le feu de la création, la crémation funéraire / libération et aussi l'inflammation intérieure.
g
Nom germain: Gebo
Nom anglo-saxon: Gyfu
Nom vieux norrois: Gipt


Don, générosité. Le don (en échange d'un autre don), l'échange sur tous les plans et l'interaction de deux forces, la marque sacrée.
w
Nom germain: Wunjo
Nom anglo-saxon: Wynn
Nom vieux norrois: Wend


Plaisir, délice. La joie, l'extase, Odin, la voie, parenté des êtres, harmonie dans le clan, bannière de la tribu.
h
Nom germain: Hagalaz
Nom anglo-saxon: Haegl
Nom vieux norrois: Hagall


Grêle. Rayonnement, semence primordiale, oeuf de glace primordial, archétype de la semence, archétype cosmique.
n
Nom germain: Naudhiz
Nom anglo-saxon: Nyd
Nom vieux norrois: Naudh


Besoin, détresse. Le feu vital, le feu de nécessité, le destin et la délivrance de la détresse.
i
Nom germain: Is
Nom anglo-saxon: Isa
Nom vieux norrois: Iss


Glace. Immobilité, force statique, matière / antimatière originelle.
j
Nom germain: Jera
Nom anglo-saxon: Ger
Nom vieux norrois: Ar


Année. Le cycle de la vie, le cycle du Soleil, l'éternel retour, union du ciel et de la tere.
y
Nom germain: Eihwaz
Nom anglo-saxon: Eoh
Nom vieux norrois: Iwhar


L'if. Arbre de vie et de mort, axe du cosmos, Yggdrasill, axe de vie, centre.
p
Nom germain: Perthro
Nom anglo-saxon: Peorth
Nom vieux norrois: ?


Pion de jeu de plateau. Indicateur de l'Orlög, le sort, les lois originelles, divination pour connaître les lois du Wyrd, matrice, accouchement.
z
Nom germain: Elhaz/Algiz
Nom anglo-saxon: Eolh
Nom vieux norrois: Iwhar


élan. Force protectrice, femmes-cygnes (walkyries), main ouverte.
s
Nom germain: Sowilo
Nom anglo-saxon: Sigel
Nom vieux norrois: Sol


Soleil. La roue solaire sacrée, le feu solaire, le feu originel, le pouvoir.
t
Nom germain: Tiwaz
Nom anglo-saxon: Tir
Nom vieux norrois: Tyr


Le dieu Tyr, Tiw (gloire). La justice, l'équilibre, l'harmonie, la fidélité, le Père céleste, le Père primordial, le pilier et la voûte du ciel.
b
Nom germain: Berkano
Nom anglo-saxon: Beorc
Nom vieux norrois: Bjarkan


Le bouleau. La Terre-Mère, le pilier cosmique sous son aspect féminin, seins de la terre, matrice.
e
Nom germain: Ehwaz
Nom anglo-saxon: Eh
Nom vieux norrois: Ior


Cheval de bataille. Le cheval en tant que véhicule de l'âme dans les autres mondes, les héros jumeaux, les jumeaux divins, l'union, le mariage.
m
Nom germain: Mannaz
Nom anglo-saxon: Man
Nom vieux norrois: Madhr


L'homme (par rapport à la femme), l'humain. L'ancêtre divin, l'homme.
l
Nom germain: Laguz/Laukaz
Nom anglo-saxon: Lagu
Nom vieux norrois: Logr


Mer, eau. Les eaux primordiales, l'énergie vitale, la croissance organique.
q
Nom germain: Ingwaz
Nom anglo-saxon: Ing
Nom vieux norrois: ?


Le dieu ou le héros Ing. Le dieu-ancêtre, le dieu de la terre, coeur-expansion, fixation.
d
Nom germain: Dagaz
Nom anglo-saxon: Daeg
Nom vieux norrois: Dagr


Jour. La lumière du jour, l'équilibre entre la nuit et le jour, éternel retour différent.
o
Nom germain: Othala
Nom anglo-saxon: Odal
Nom vieux norrois: Odahl


Patrie, propriété. Propriété immobilière héréditaire, propriété close interagissant avec l'environnement.